Les couleurs des vitraux d’église sont chargées de symboles (le jaune évoque la traîtrise), les représentations obéissent à des codes (deux buissons font une forêt,  une main sortant d’un nuage est l’image de Dieu). Les monastères bénédictins refusent la couleur et les représentations animées, ils s’ornent alors de dessins géométriques et de feuillages stylisés. 
 
L’apogée du vitrail religieux est aussi celle de l’art gothique et de la croisée d’ogive. Dès 1230, Chartres est dotée de 2000 mètres carrés de verrières et certaines comportent plus de 400 morceaux au m2. Les donateurs, les blasons et les noms d’artisans apparaissent dans les tableaux. 
 
Des verriers à la tête d’importants ateliers se transportent d’un chantier à l’autre avec leurs compagnons et leurs outils.
L'origine du vitrail est inconnue.Les Romains savaient fabriquer du verre et l’employer dans des chassis de bois ou de bronze.On a trouvé du verre à vitres de couleur dans une villa romaine d’Angleterre. 
 
Ce sont les monuments civils ou religieux qui offrent les premiers exemples de vitraux (verres enchassés dans du plomb et servant de fenetres). 
Au 1V eme siècle dans la basilique de Treves, au Veme siècle à Saint Paul Hors les Murs (Rome), au VI eme siècle à Ravenne où on trouve des fragments de verre peints en grisaille. 
 
Avant l’an Mil le vitrail semble fabriqué dans les monastères , vers 1100 des ateliers s’installent en ville , à Chartres, puis Suger fait faire des vitraux pour la basilique Saint Denis et le moine Théophile rédige un ouvrage sur l’art du vitrail. 
Au XIVème siècle, une découverte : le jaune d’argent (chlorure et sulfure d’ argent) permet de juxtaposer 2 teintes sur une même plaque et fournit aussi le blond lumineux des chevelures, mais la guerre de Cent ans raréfie les commandes.  En 1390 un édit de CharlesVI exempte d’impôt les peintres sur verre. 
 
Le XVème siècle est marqué par des progrès techniques. Les vitraux sont plus souvent signés et marqués des monogrammes des donateurs.  
 
Au XVIème siècle, on découvre le diamant à couper le verre et les métaux précieux venus d’Amérique . 
 
Les XVIIème et XVIIIème siècles s’intéressent peu au vitrail : c’est un art « médiéval » jugé inférieur. La révolution y voit un art féodal, porteur d’armoiries. La Terreur encourage la destruction des églises, symboles d’oppression. 
 
Au XIXème siècle les églises sont rendues au culte en 1801 par le Concordat mais la profession de maître-verrier a disparu de France. Le renouveau apparaît vers 1826 pour satisfaire le goût romantique qui aime le Moyen-Age. On construit et reconstruit des églises. Les étrangers restituent aux Français les secrets perdus et des peintres s’initient au vitrail. De grands ateliers apparaissent à Clermont-Ferrand, Paris, Metz, Lyon, Le Mans. 
 
L’Art Nouveau caractérise la Belle Epoque (1890-1914) avec un goût très vif pour la décoration et la lumière. Le vitrail entre dans un grand nombre d’édifices publics : brasseries, restaurants, cages d’ escaliers, boulangeries. C’est l’époque du verre « Tiffany », des effets de superposition et de profondeur, des émaux cloisonnés. 
 
L’après-guerre voit apparaître la période « Arts Déco » et des peintres célèbres vont participer à une nouvelle naissance du vitrail : Matisse , Bazaine, Villon, Rouault, Léger, Chagall, Buffet, Miro. Le XXème siècle s’intéresse à la conservation du patrimoine et restaure régulièrement les œuvres anciennes.